Désalpe 2017 - La désalpe de Charmey

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Charmey, le 23 septembre 2017 dès 09h30


A l'automne, armaillis et troupeaux quittent l'alpage pour reprendre la route de la plaine, vaches en tête, cloches au col et cornes fleuries. La désalpe est l'occasion rêvée de découvrir une tradition ancestrale et d'en vivre l'ambiance si particulière avec son marché des anciens métiers et des artisans, et ses dégustations de produits du terroir.

Bien plus qu'une fête bucolique, la désalpe plonge ses racines dans l'histoire avec l'apparition au Moyen-Age déjà. Et y a occupé une place de choix. La région s'est imposée comme un centre incontournable de la fabrication du fromage, avec, à la fin du XVIIIe siècle, près d'une centaine d'alpages en activité. On y produisait annuellement quelque 14'000 meules de fromages, de quoi donner à Charmey la réputation d'être le plus gros consommateur de sel de Suisse, un ingrédient indispensable à la fabrication . Imaginons les désalpes d'alors en longs cortèges sonores.

Le gruyère d'alpage bénéficie très tôt d'une reconnaissance internationale sur les marchés de Lyon et de Turin. Aujourd'hui encore, nos voisins français en sont gourmands. Toute fromagerie parisienne ou bourguignonne, qui se respecte, propose du gruyère de Charmey ou d'autres alpages tant il fleure bon le terroir.

Quatre mois durant, du haut de leurs pâturages, les armaillis perpétuent, au quotidien, les gestes de leurs aïeux. Le lait, tout engorgé des parfums subtils de la flore alpestre, est transformé directement au chalet dans un chaudron sur un feu de bois. Les meules sont ensuite acheminées aux caves de la Tzintre pour y être affinées. C'est là qu'elles sont retournées, brossées et enduites de saumure quotidiennement pendant deux à trois mois. C'est un lourd travail qui requiert un savoir-faire pour assurer au gruyère sa saveur délicieusement racée.

L'armailli voue à ses vaches une véritable passion. L'alpage exige divers travaux d'entretien. Il faut réparer le toit en bardeaux du chalet, poser des clôtures, débroussailler et les pentes des Préalpes ne facilitent rien. Par son labeur, l'armailli participe à maintenir ces paysages si typiques et dont l'image déborde nos frontières.

La désalpe, le retour en plaine, c'est aussi le sentiment du devoir accompli, la fierté de s'inscrire dans une tradition. Et cette fierté se mesure à l'ardeur mise à décorer son troupeau. Fleurs, cloches, colliers de cuirs ornés de broderies, rien n'est trop beau. Les vaches fribourgeoises n'ont plus qu'à défiler majestueusement. Leurs robes sont noires et blanches mais aussi tachetées rouge. Noyées dans le tintamarre assourdissant que leur démarche impose aux cloches, les vaches sont les reines d'un jour dans la solennité de la désalpe.

©eRreNe / 2014

ch@rmey.ch


 
la vache, la formule un des animaux
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